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  • Ostende doit disparaître : Flou de mémoire
    Tuesday 21 May 2013

    Ostende doit disparaître : Flou de mémoire

    J’ai commencé par photographier des garçons en leur faisant porter la bague. Mais je n’ai pas réussi à l’oublier. Si la fétichisation est un remède, elle n’est pas la solution. Pas assez draconienne face à l’irrésolution. « J’ai appelé, mailé, texté, j’ai plongé dans le vide de l’unilatéral ».

  • Tour du Monde en 80 styles #8 : Streets of Philadelphia (by night)
    Saturday 18 May 2013

    Tour du Monde en 80 styles #8 : Streets of Philadelphia (by night)

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    Friday 17 May 2013

    Et si les uv rendaient moins con

    Vous pourriez avoir plus confiance en vous, être capable de marcher dans la rue sans porter de cagoule. Vous pourriez annihiler à jamais les cellules qui vous font transpirer abondamment dans le creux de votre coude. Vous pourriez devenir réellement drôle.

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    Friday 17 May 2013

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Par Mister Jan

Ostende doit disparaître : Flou de mémoire

Par Anna Rios-Bordes

Peut-on effacer une histoire d’amour ? Plus complexe : peut-on supprimer une ville de la carte pour effacer le souvenir d’un homme ? A l’instar de Michel Gondry, la photographe Fanny Rezig interroge la mémoire des sentiments. Dans son projet Ostende doit disparaître, elle parvient à flouter la Belgique, insuffler à la photo le gêne de la catharsis, et régler leur compte aux insoumis du romantisme.

Rencontre avec une brouilleuse de souvenirs, radicale.

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Australie mon amour

« Il fallait que je me prenne cette réalité en pleine gueule ! », explique Fanny, mi-espiègle, mi-mélancolique.

Cette réalité, c’est celle de la nouvelle vie de l’homme qui l’a quittée, en se projetant hors de la surface-terre en 2010. Son Allemand rencontré en Australie en 2009… Celui qui lui pinçait la joue jour après jour sur les plages de Tasmanie, celui qui lui passa une bague quand elle prit l’avion avec un visa expiré. « Je la récupérerai quand je te rejoindrai », avait glissé le futur porté disparu.

Fanny sort la bague de son sac. J’ai commencé par photographier des garçons en leur faisant porter la bague. Mais je n’ai pas réussi à l’oublier. Si la fétichisation est un remède, elle n’est pas la solution. Pas assez draconienne face à l’irrésolution. « J’ai appelé, mailé, texté, j’ai plongé dans le vide de l’unilatéral ».

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Ostende, voisine

En 2011, fraîchement installée à Bruxelles sur les bancs de l’Ecole de Photographie Agnès Varda, elle découvre que l’Allemand est aussi en Belgique, à Ostende. A 200 kilomètres d’elle. Mathématiques de l’amour : 200 km = bien moins que 26 heures d’avion. Enfin, à la louche.

« Cette histoire ne pouvait pas avoir eu lieu, sa trace devait disparaître. Ostende devait disparaître ».

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Ostende, 71 921 habitants.
Plus lui.
Plus sa nouvelle meuf, sportive, aux jambes de gazelle.

Ostende, côte belge. Ostende, hôtel de la plage.

Quand elle installe son pied sur le sable, elle n’a pas encore l’idée du floutage. Elle veut voir l’image, propre, de l’abandon. Et, au moment de la prise, elle tire le pied, nerveusement. L’image est balayée. Elle continue. Un plan, un balayage, en diptyque. Un plan, un balayage, un tirage, une larme rachetée.

« Pourquoi ai-je balayé ? Bah, je vous l’ai dit, Ostende devait disparaître ».

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Tour du Monde en 80 styles #8 : Streets of Philadelphia (by night)

Par

Nous arrivons en fin de journée à Philadelphie sur le son de ‘Streets of Philadelphia’ de Bruce Springsteen pour se mettre dans l’ambiance.

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Ni une ni deux, nous voici plongés dans la mélancolie de Bruce. Pour en sortir, nous comptons sur deux remontants locaux : la scène musicale et les cheese-steacks sandwichs.

La nuit tombe et nous nous rendons à South Street réputée pour sa vie nocturne. Nous traversons des quartiers peu ou pas éclairés, heureusement, voilà que la musique chasse l’ambiance coupe-gorge. Nous sommes arrivés au fameux club Dobbs.

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Dobbs a accueilli Nirvana, par exemple. Ah oui !

L’ambiance est animée, Faith nous accoste.

- Salut, vous venez d’où ?
- De France et toi ?
- De Toronto mais je vis depuis longtemps à Philadelphie.
- Et ta canne c’est pour le style ?
- Non, j’ai glissé au boulot, il y a deux ans, j’étais serveuse. Depuis, ça ne s’est pas
vraiment remis. Je n’ai pas assez d’argent pour me faire opérer en fait.
- Ah…
- Vous avez rencontré Mike et Jake ?
- Euh non ?

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- Ce sont eux qui organisent la soirée. Leur concept c’est les Fresh Fusion Parties.
- Ah oui ? Salut Mike et Jake, vous pouvez nous en dire plus ?

- Ce sont eux qui organisent la soirée. Leur concept c’est les Fresh Fusion Parties.
- Ah oui ? Salut Mike et Jake, vous pouvez nous en dire plus ?

Mais le groupe sur scène lance le dernier morceau, il donne tout et nous n’entendons
rien. Toutefois, nos hochements de tête bien placés et les ‘oah ok !’ font, nous le pensons,
l’illusion d’une conversation mutuelle.

- A part ça, il sont sympas vos tee shirts.

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-Merci. On les a acheté dans une boutique pas loin. Pour trouver des bonnes fringues, ce
quartier est vraiment sympa.

A ce moment là, le groupe tire sa révérence. Un espace pour une discussion s’ouvre
brièvement.

- Et alors ce soir, qu’est ce qu’il y a de bon au programme ?
- C’est dommage, vous venez de rater un super groupe – les Midnight Action.
Ah non, non, je t’assure, on les a pas ratés, pensons-nous.

C’est à ce moment que Ria débarque.

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- Salut, elles sont déjà passées Camae et Becca ?
- Non, non, elles sont juste après t’inquiète.
- Euh, c’est qui Camae et Becca ?
- Camae et Becca ? C’est les Mighty Paradocs, c’est le groupe pour lequel tout le
monde est là ce soir. Tiens, ça commence !

Tout le monde se précipite à l’intérieur. On attrape une bière et on se fraye un passage.

8 Ria

Les deux célébrités locales enchaînent pendant une demi heure des morceaux bien
calibrés et complétement déjantés : quand le girl power hip hop rencontre l’esprit
punk… Nous on s’est régalés.

A leur sortie, on a à peine le temps de leur parler qu’elles sont assaillies par les fans et
quelques journalistes qui veulent les prendre en photo.

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Alors qu’on allait partir, Becca nous glisse qu’elle a ouvert un Thrift Shop pas très loin et
qu’on peut venir la voir demain si on veut. On y manquera pas.

A demain alors ! et… bon poirier !

Et si les uv rendaient moins con

Par Milkshame

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Si la peau orange de nos jours fait fureur auprès des énergumènes friquées et fripées des villes de bord de mer, les salons de cancer fleurissent dans les villes, promettant aux clients la beauté donc le bonheur, le bien-être car la beauté, et c’est tout. S’enfermer dans une cabine exiguë pendant 20 minutes avec des lunettes en forme de mouche, c’est tendance et ça marche. Le but ultime étant d’en ressortir suintant, foncé, et c’est tout.

Si la publicité vendait comme concept d’en ressortir polyglotte, confiant en soi ou plus puceau, la vie des gens ordinaires changerait.

Il suffirait de passer quelques minutes dans un four moderne pour acquérir quelques neurones de plus ou un (nouveau) don. Apprendre une nouvelle langue prendrait une vingtaine de séances, mais les formules les plus complexes nous seraient envoyées par un rayonnement électromagnétique d’une longueur plus courte que celle de la lumière visible. Et tout ça directement dans les neurones qui transmettraient un signal bioélectrique obligeant notre cerveau à ingurgiter de nouvelles données. Trouver un travail ou draguer une fille, c’est plus facile quand on parle sept langues. Ou quand on sait faire un massage avec les pieds ET les mains.

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Après l’ingurgitation de nouvelles données vous rendant plus intéressant aux yeux de tous, vos cellules déjà existantes et vous pourrissant la vie en seraient modifiées. Ouvrir un livre d’analyse thématique sur le fondement du judaïsme prend le pas sur l’envie irrépressible de vous déguiser en indien et de sauter du toit de la voisine, hurlant au chat de fuir l’invasion des pirates et vous grattant l’oreille avec un râteau vert.

Vous pourriez avoir plus confiance en vous, être capable de marcher dans la rue sans porter de cagoule. Vous pourriez annihiler à jamais les cellules qui vous font transpirer abondamment dans le creux de votre coude. Vous pourriez devenir réellement drôle. Vous pourriez surpasser votre phobie du fromage de vache. Vous pourriez danser dans un champ sans tomber dans les pommes à la vue d’un tournesol. Vous pourriez réapprendre la langue française et sa syntaxe. Vous pourriez enfin dire merde à votre entourage et monter votre entreprise de commercialisation de poissons parlants pour aveugles. Vous pourriez vivre sans complexe, comme un homme parfaitement normal et heureux, sans ressentir  l’envie de supprimer le mot « cafetière » de votre vocabulaire parce que vous n’aimez pas trop le son que ça fait quand le palais touche votre langue.

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Votre abonnement au salon d’à côté de chez vous est le meilleur investissement personnel de votre vie. Tout le monde s’y est mis. Il prend 50% de votre salaire et de votre temps, mais grâce à lui, vous êtes différent. Vous n’avez plus le temps pour voir votre famille ni vos amis ; quand vous n’êtes pas enfermé dans le cabanon magique, c’est votre entourage qui l’est.

Mais comme vous avez supprimé le caractère colérique de votre tissu nerveux, cela ne vous dérange pas. Vous pratiquez en solitaire, parlant le libanais à la poutre en marbre de votre hall d’entrée. Vous préparez des plats exotiques pour le chien d’en face, laissé lui aussi à l’abandon et vous testez vos capacités de nageur olympique dans votre baignoire.

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Ca a du bon d’être bon. Ces UV ont changé votre vie. Votre miroir embrasse votre reflet. Vous êtes parfait maintenant. Seul. Mais parfait.

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